Voici le TL;DR :
Je reprends la narration au moment où la poussière des câbles commence à retomber.
L’appartement-atelier — ce QG improvisé où j’ai vécu des mois de nuits blanches, d’essais et d’erreurs, de VPN bricolés et de cafés trop noirs — a rempli sa mission : valider des services, éprouver des scripts, sauver quelques boîtes mail et aider des petites entreprises locales.
Mais vient un moment où il faut passer à l’étape suivante — non par ambition, mais par nécessité opérationnelle et par respect pour ceux qui nous confient leurs données.
Nous sommes en janvier 2023 : il nous faut un vrai bureau, une vraie équipe et des processus reproductibles.
Les dix serveurs ronronnent, les scripts tournent, les sauvegardes tiennent. Mais le bricolage ne suffit plus : l’échelle exige des corps, des mains, des têtes et des plannings.
Trouver un bureau à Agadir relève plus de la loterie que d’une quête glamour : plafonds à réparer, moquettes usées, propriétaires exigeants.
En août 2023, nous dénichons un petit bureau près de la préfecture : central, accessible, mais à rénover.
Cloisons, câbles, prises, lumière : tout est à refaire. Les devis et factures s’enchaînent, les choix techniques aussi : quel routeur, combien de postes, quelles chaises pour épargner le dos.
Les travaux sont une école de patience : on peint, on isole, on installe un local serveur, des coffrets rack propres, des chemins de câbles sérieux.
Cela coûte, mais chaque dépense structure notre activité.
Le recrutement commence :
– Backend pour l’architecture serveur.
– Frontend pour l’interface client.
– Marketing pour donner voix au projet.
– Support/Ops pour le quotidien.
Un critère non négociable : antécédents vérifiés pour l’équipe datacenter.
Des profils brillants passent, certains restent, d’autres partent. Chaque départ laisse une compétence, une méthode. La rotation nous enrichit et affine notre management.
Hajar T. : marketing, puis force créative.
Fatima D. : colonne administrative, qui libère du temps d’ingénierie.
Rachid E. : frontend, profil rare, technique & créatif.
Autour d’eux : stagiaires et jeunes diplômés apportant fraîcheur et curiosité.
En septembre 2023, nous passons du mode artisanal à une petite entreprise.
Il faut instaurer :
– des horaires souples,
– des règles simples (sauvegardes, accès, vaisselle),
– des outils collaboratifs (Git, tickets, tableau des tâches).
Les premiers jours sont un chaos joyeux (câbles, post-it pour mots de passe). Rapidement, nous professionnalisons : VLAN, gestion d’accès, procédures de déploiement.
Les rituels :
– stand-up le matin,
– revue de code hebdomadaire,
– feedback mensuel.
Le datacenter tourne. Les gardiens veillent à la sécurité physique — un rôle essentiel.
Sans avoir lancé nos offres, des entreprises demandent déjà des sites et mails.
Dire non serait logique, mais dire oui fait apprendre. Nous acceptons quelques missions, cadrons, estimons, livrons.
Résultat : crédibilité immédiate, mais retard sur notre propre site.
Compromis : visibilité contre délai produit.
Certains partent, d’autres restent, tous laissent une trace.
Hajar, Fatima, Rachid deviennent les garants de l’ossature. Une équipe jeune, motivée, curieuse.
Nous passons à un mode solide :
– dépôts organisés,
– environnements de staging,
– automatisation en un clic,
– revues de code obligatoires,
– tests unitaires critiques,
– documentation utile.
Nous rédigeons des manuels pratiques (déploiement, restauration, alertes).
Nous lançons l’offre « sur-mesure contrôlé » pour apprendre en réel sans perdre en crédibilité.
En janvier 2024, l’essentiel est posé :
– datacenter fonctionnel,
– équipe sur site opérationnelle,
– bureau vivant,
– premiers clients servis.
Le site officiel est en retard, mais mieux vaut fiable que bâclé.
– La technique n’est rien sans l’humain.
– Recruter, c’est accepter l’impermanence.
– Répondre au marché avant d’être « prêts » accélère l’apprentissage.
Nous avons transformé un salon en bureau, des scripts en process, des amis en clients.
L’équipe réduite mais robuste est prête pour 2024 : stabiliser l’offre, finir le site, préparer la commercialisation contrôlée.
Et surtout garder cette phrase simple : derrière la techno, il y a de l’humain.
De l’Amérique centrale à Agadir, le récit d’un départ inattendu devenu le début d’une aventure digitale et humaine.
co-founder, Nowotch
De mes premiers pas dans Agadir à la douceur de ses contrastes, un récit intime entre lumière sèche, vie locale et hospitalité marocaine.
co-founder, Nowotch
Récit d’un contraste saisissant entre une vie passée rythmée par la productivité et la découverte d’Agadir, où le temps, les relations et la simplicité reprennent toute leur valeur.
co-founder, Nowotch