Co-founder, Nowotch
Voici le TL;DR :
Quatre ans après mon arrivée à Agadir, la vie que j’avais prise comme une parenthèse a trouvé son centre de gravité.
Je me suis laissé aller, j’ai dépanné, j’ai ri avec des retraités, j’ai codé des nuits entières pour le plaisir, j’ai vu mes scripts faire sourire mes amis.
Et puis il y a eu ce moment précis — pas un éclair, plutôt une décision lente — où je comprends que la parenthèse doit se transformer en chapitre sérieux.
J’annonce pour moi une consigne simple : fini le dépannage comme activité principale.
Je veux monter quelque chose de pérenne, réfléchi, qui colle à mes valeurs techniques et humaines. Le nom ? Next Online World — Oriented to Technology, Commerce & Human.
Ça sonne pompeux ? Peut-être, ça se contracte en nowotch et ça me plaît.
Je n’ai pas de plan détaillé, mais j’ai des certitudes : les entreprises ont besoin d’un interlocuteur honnête, les gens veulent des services mail indépendants, la souveraineté technique est une nécessité pratique.
Alors je mets mes économies dans un projet tangible : un datacenter local, petit, solide, pensé pour durer. Dix serveurs, pas une usine, mais une machine sérieuse.
Parce que je veux contrôler l’hébergement à la source.
Héberger mails, sites, sauvegardes chez un partenaire qui ne comprend pas le terrain, c’est comme prêter sa montre à un inconnu.
Le datacenter est pensé sur trois axes : efficacité, résilience, proximité.
Construction sobre : bâtiment anti-sismique, alimentation redondée, refroidissement efficace, sauvegardes hors site chiffrées.
Répartition claire : hébergement web, deux serveurs mail répliqués, stockage de sauvegardes chiffrées, gestion des certificats et authentification, sandbox/test.
Tout est orchestré par des scripts d’automatisation : provisionnement, monitoring, patch management.
Conteneurisation, surveillance, checklists : pas de bricolage.
Une machine sans humains n’est qu’un tas de ferraille.
Je recrute 4 profils techniques et 4 gardiens 24/7.
La première recrue clé : Fatima. Elle prend en charge la paperasse, contrats, factures, fournisseurs. Elle devient ma « épouse administrative », implacable sur les délais, et me libère pour coder et automatiser.
Règle d’or : tant que ce n’est pas prêt, on ne commercialise rien.
Trois ans de bêta-tests avec amis, petites entreprises et clients volontaires.
Objectif : fiabilité réelle face aux pannes, abus et pics de charge.
Fini le surf et les balades. Retour à la vie de geek nocturne : cafés en litres, VPN perso, scripts d’automatisation (DNS, TLS, backups chiffrés).
Fatima tient la base : contrats, licences, fournisseurs. Elle me rappelle de manger et filtre les premiers appels clients.
Chaque bug devient une leçon. Une panne locale d’opérateur ? Notre redondance sauve trois boutiques.
Restauration complète d’une boîte mail en deux heures grâce aux scripts.
La technologie n’a de sens que si elle sert les gens.
Nous proposons des services mais aussi un accompagnement humain : formation, assistance, disponibilité.
Équilibre entre exigence technique et humilité sociale.
On ne cherche pas l’expansion, mais la fiabilité. Les dix machines tournent, l’équipe veille, Fatima organise.
La différence avec mon arrivée à Agadir : je ne vis plus au jour le jour, j’ai un cap.
L’aventure commence vraiment : artisanale, sérieuse, mais toujours portée par l’énergie d’un enfant qui veut construire.